Juste quelques mots pour vous faire partager ma petite escapade de quelques jours sur les îles Amantani et Taquile, situées entre 4000 et 4500 mêtres d'altitude sur le lac Titicaca...
Sur ce petit bout de la planète, dans la plupart des maisons, ni eau courante, ni électricité.. une vie en parfaite adéquation avec la nature... En parcourant l'île, d'un bout à l'autre, depuis la plage jusqu'a son sommet, on a tout le temps d'admirer la nature dans toute sa splendeur, de contempler les eaux du lac à perte de vue avec les pics montagneux de la Bolivie toute proche se refletant dedans, d'écouter le chant des oiseaux, seul son venant rompre le silence ambiant ou bien encore de respirer les différentes senteurs de l'île comme l'eucalyptus, la muña (sorte de menthe utilisée en infusion) ou encore la coca (très pratique contre le mal d'altitude, comme coupe-faim ou comme 'énergisant'...
Sentiment étrange que de se retrouver seule sur une plage totalement déserte, sans autre âme qui vive à des centaines de mêtres à la ronde que quelques moutons et animaux volants...
Lors de mon séjour sur l'île d'Amantani, j'ai eu l'occasion d'aider la famille qui m'hébergeait (Simon, sa femme et ses 3 enfants) à la préparation des champs pour la future semence des pommes de terre.. Concrètement, cela a consisté à retirer à la main, toutes les pierres du lopin de terre en question... A un moment la femme que j'aidais m'a demandé si on pratiquait aussi comme cela en France...! Dur d'imaginer un ailleurs quand on vit ici...
Après plusieurs heures de ce labeur, la mère de Simon (65 ans) a encore trouvé l'energie pour prendre la troisième pioche disponible et aider son fil et sa belle fille a bêcher le terrain.. Tout cela, sur un terrain en pente, à quelques 4400 metres d'altitude...
Le lendemain sur l'île de Taquile, alors que je discutais au petit matin avec Félicie, ma propriétaire d'un jour, j'ai failli lui demander comment elle occupait ses journées.. Question stupide que j'ai ete contente de ne finalement pas avoir posée quand revenant quelques heures plus tard, je l'ai vue elle aussi en train d'arracher les pierres de son terrain... Cette fois-ci non pas pour y faire des plantations mais pour y construire sa future maison... Toute la construction se fait à la force des bras.. Des blocs de pierre sont retirés du flanc de la montagne (juste à quelques mêtres), puis taillés pièce par pièce pour enfin etre assemblés et constituer un nouveau logement...
Entre les travaux des champs, les tâches ménagères, la corvée d'eau.. les journées sont longues et bien remplies, les nuits commencent tôt (aux environs de 20 heures) et j'imagine que les esprits n'ont, le soir, plus l'énergie de se poser autant de questions 'existentielles' que nous pouvons le faire nous autres occidentaux... (en tout cas, que je ne peux le faire moi, ca c'est certain :o) !! Ces quelques jours passés au coeur de la nature nous rappellent combien nous sommes tous petits petits face à l'immensité et à la beauté des éléments...!
Après ces quelques jours passés hors du temps, retour à la civilisation Copacabanienne... Le nom me plaisait bien, alors direction Copacabana... (c'est à cause d'un marin égaré et de la vierge de Copacabana en Bolivie, que la célèbre plage de Rio de Janeiro porte ce même nom...)
Cependant pour atteindre ce lieu de prédilection, pas moins de 3 'collectivos' différents ont été nécessaires. Le collectivos est une sorte de minibus pouvant contenir normalement une petite quinzaine de personnes mais où il est tout a fait habituel de se retrouver à plus d'une vingtaine.. Inutile de préciser que pour utiliser ce moyen de transport, il est recommandé de ne pas être claustrophobe et qu'une fois installé, il n'est plus question de bouger le moindre orteil... :o)
Séquence cochon : lors de ce périple, j'ai pu découvrir comment il était possible de faire entrer un cochon (qui n'en a pas du tout envie...!) dans un sac de toile de jute dans le but de pouvoir le transporter plus facilement sur le toit du dit collectivos... Solution : avec beaucoup de temps, de difficultés et de cris à vous fendre le coeur... Tout ca pour finalement abandonner cette solution et choisir de lui attacher les pattes avec un bout de ficelle...! Devant l'ampleur de la tâche et le temps investi, il m'a semblé que la possibilité d'utiliser un bon somnifère pouvait être à envisager...!
Séquence frisson : la frayeur du jour.. Au bout du troisième changement de collectivos (et oui, toujours eux) mon attention a quelque peu faiblie...! J'ai quitté le dernier très tranquilement, en lancant un grand 'hasta luego' au conducteur et en partant fièrement à pied en direction de la frontière Bolivienne... Ce n'est qu'au bout de 5 a 10 minutes, que j'ai ressenti un sentiment de légèreté plutôt inhabituel...! Et là, oh horreur, mon cerveau ramolli a pris conscience que j'avais oublié mon sac à dos sur le toit du (toujours le même) collectivos..! Instant de panique à imaginer ce que pourrait être la suite de mon voyage sans mon précieux sac à dos.. course effrenée vers le lieu de l'oubli pour bien evidemment trouver place vide...
Enfin bref, je vous passe les détails.. Tout s'est finalement bien terminé.. Je suis tombée sur un chauffeur sympa qui a fait tout le tour du village pour me retrouver et me rendre mon bien avant de regagner ses pénates...
Me voila donc entière et toujours avec l'ensemble de mon équipement, à Copacabana... dans une chambre avec eau chaude et petit dej compris, le tout pour 20 bolivianos (2 euros..) Que rever de plus...
Viva Bolivia..!! |